22.09.22
17:37

Attentats de Bruxelles: le procès reporté à cause des boxes ?

Le ministère belge de la Justice a averti qu'il lui était "impossible" de livrer pour le 10 octobre le nouveau box des accusés réclamé par la cour d'assises qui s'apprête à juger le dossier des attentats jihadistes de mars 2016 à Bruxelles.

L'annonce, qui a été répercutée jeudi par la présidente de la cour Laurence Massart lors d'une audience de procédure, laisse désormais planer le doute sur la date de démarrage du procès. 

Neuf accusés, dont le jihadiste français Salah Abdeslam, doivent comparaître au procès de ces attaques-suicides qui ont fait 32 morts et plus de 340 blessés le 22 mars 2016 dans la capitale belge. Un dixième, présumé mort en Syrie, doit être jugé en son absence.

Les débats au procès sont censés démarrer le 13 octobre, trois jours après la composition du jury le 10, mais à cette date le nouveau box des accusés n'aura pas encore pu être aménagé, a prévenu le ministère.

En réponse, la présidente de la cour a demandé si le nouveau box pouvait être livré pour entamer les débats le 7 novembre, a précisé dans l'après-midi à l'AFP Anne Leclercq, une porte-parole de la cour d'appel.

Si la réponse est oui, le jury pourra comme prévu être composé le 10 octobre (les accusés étant placés hors du box actuel, entourés de policiers). Si c'est non, le coup d'envoi du procès n'aura pas lieu ce jour-là et tout le calendrier sera décalé, a ajouté Mme Leclercq. Selon elle, le ministère doit donner une réponse "sous 24 heures".

Vendredi dernier, Mme Massart avait ordonné le démontage de l'actuel box compartimenté en cellules individuelles vitrées, jugeant ce dispositif attentatoire aux droits de la défense en raison notamment de problèmes de communication entre les accusés et leurs avocats.

La présidente avait suggéré de remplacer ces cellules individuelles fermées par "un box unique avec un bandeau vitré accueillant collectivement les accusés".

Plusieurs avocats ont déploré jeudi ce nouveau coup de théâtre.

"La blague belge continue, c'est malheureux, on est tributaires d'incompétents", a fustigé devant les télévisions belges Jonathan De Taye, avocat de l'accusé Ali El Haddad Asufi.

"Le box dans sa configuration initiale c'était impossible! Je ne comprends pas comment on a pu imaginer que cela puisse passer", a renchéri Me Delphine Paci, qui défend Salah Abdeslam.

Selon une source proche du dossier, il faut non seulement entièrement démonter les cellules actuelles, avec leur système de téléphonie, mais aussi réunir les équipements pour reconstruire. Or il y a "une pénurie de matériaux", liée notamment aux conséquences de la guerre en Ukraine, a expliqué cette source.

Au matin du 22 mars 2016, deux jihadistes s'étaient fait exploser à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une grosse heure plus tard dans le métro de la capitale européenne. 

Les assaillants étaient issus de la même cellule jihadiste que celle à l'origine des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis). Ces attaques ont aussi été revendiquées par l'organisation Etat islamique.

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