18.07.22
19:01

L'UE renforce son soutien à l'Ukraine et fait front contre Moscou

Armes, argent, sanctions: les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont réaffirmé lundi leur volonté de soutenir l'Ukraine et d'accroître la pression sur Moscou malgré la menace d'une rupture des livraisons de gaz russe.

"C'est une épreuve de résistance pour nos sociétés. Nous devons tenir le coup. Nous n'avons pas le choix", a soutenu le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l'issue de la réunion.

Les dirigeants européens s'inquiètent de voir l'hostilité aux sanctions progresser dans l'opinion publique alors que les prix des carburants, du gaz et de l'électricité flambent en Europe.

La guerre menée par le Kremlin en Ukraine a des répercussions pour nos citoyens "confrontés à des prix très élevés des matières premières et de l'énergie", a reconnu la nouvelle ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib.

Mais les ministres ont "à l'unanimité" décidé lundi de poursuivre l'aide à l'Ukraine, a insisté Josep Borrell.

Ils ont donné leur accord aux nouvelles mesures présentées par la Commission, dont un embargo sur les achats d'or à la Russie, et ils ont approuvé le déblocage d'une cinquième tranche de 500 millions d'euros de la "Facilité européenne pour la paix" pour financer les fournitures d'armes et d'équipements militaires.

"Certains dirigeants européens ont déclaré que les sanctions étaient une erreur, une faute. Je ne pense pas que ce soit une erreur, c'est ce que nous devons faire, et nous continuerons à le faire", a affirmé Josep Borrell, en réponse à des critiques du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

"Reculer et se plier aux exigences de Vladimir Poutine ne fonctionnera pas, cela n'a jamais fonctionné. C'est un piège", avait averti de son côté le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, dans son adresse à ses homologues européens.

"Retirer les sanctions serait fatal. C'est notre crédibilité qui est en jeu", a insisté le ministre luxembourgeois Jean Asselborn.

"Les sanctions fonctionnent" 

Viktor Orban avait dénoncé vendredi les sanctions européennes, y voyant "une erreur" car "elles n'ont pas atteint leur but, et ont même eu un effet contraire". "L'économie européenne s'est tiré une balle dans les poumons et est asphyxiée", avait-il affirmé.

"Les sanctions fonctionnent", soutient au contraire Josep Borrell. "Elle frappent durement Vladimir Poutine et ses complices, et leurs effets sur l'économie russe vont encore s'accroître", a-t-il dit.

"Le véritable objectif de la Russie est la paupérisation de l'Europe. Poutine veut retourner l'opinion publique contre les gouvernements en place dans l'espoir de les remplacer par des forces radicales qui seraient plus favorables à la Russie", a dénoncé Dmytro Kouleba.

Moscou bloque les ports ukrainiens et a commencé à réduire ses livraisons de gaz aux pays de l'UE, dont certains comme l'Allemagne ou l'Italie sont très dépendants des approvisionnements russes.

"La Russie essaie de nous démoraliser", a accusé Anna Lührmann, la ministre allemande aux Affaires européennes, se disant prête à "toutes sortes de scénarios".

Berlin redoute la fermeture du gazoduc Nordstream, par lequel transitent un tiers des 153 milliards de m3 cubes de gaz achetés annuellement par l'UE. Le gazoduc est actuellement en maintenance.

L'UE cherche d'autres fournisseurs. Un accord va permettre le doublement des importation d’Azerbaïdjan "dans quelques années", a annoncé lundi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d'un déplacement à Bakou. L’Azerbaïdjan a fourni 8 milliards de m3 à l'UE en 2021.

La Russie bloque également l'exportation de quelque 20 millions de tonnes de céréales par l'Ukraine et "incendie les cultures du pays", a déploré Jean Asselborn.

La Turquie et les Nations unies négocient un accord entre les deux belligérants pour sortir les stocks de céréales ukrainiennes. Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan aborderont le sujet lors d'une réunion prévue mardi à Téhéran.

La reprise des exportations de céréales depuis l'Ukraine est une "question de vie ou de mort" pour des dizaines de milliers de personnes, a insisté M. Borrell. Il a dit avoir "espoir" qu'un accord soit conclu.

Mais "nous avons des doutes quant à la bonne foi de la Russie", a reconnu un haut fonctionnaire européen.

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