06.07.22
13:22

La FEB appelle à une "concertation tripartite" pour limiter l'indexation automatique

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) appelle à une concertation "tripartite" avec les syndicats et les décideurs politiques pour "envisager de limiter temporairement l'impact de l’indexation automatique des salaires". "Nous devons prendre des mesures à court terme pour échapper à ses pires effets. Aujourd’hui, il est encore possible d’éviter de nombreux dommages en prenant des mesures relativement limitées. Par contre, si nous attendons trop longtemps, les conséquences seront beaucoup plus graves et les mesures nécessaires nettement plus draconiennes, qu’elles soient imposées de l’extérieur ou non," affirme Pieter Timmermans, CEO de la FEB.

"Pour le moment, le plus grand problème des entreprises est de loin le dérapage des coûts. L’inflation en Belgique a atteint un niveau de plus de 9%, ce qui, par le biais de l’indexation automatique des salaires, entraînera une hausse des coûts salariaux d’environ 11% en 2022-2023, soit 5 points de pour cent de plus que dans les pays voisins", indique la FEB. "L’écart salarial à nouveau croissant avec les autres pays réduira nos parts de marché, rendra notre pays moins attrayant pour les investissements étrangers et provoquera de nouvelles délocalisations."

"L’on pourrait, par exemple, envisager de limiter temporairement l’impact de l’indexation automatique des salaires jusqu’à ce que l’on sache quelles seront les augmentations de salaires dans les pays voisins. Les mesures prises au Luxembourg (le seul autre pays d’Europe continentale à disposer d’un système d’indexation automatique des salaires) sont à recommander. Les employeurs, les travailleurs et le gouvernement y ont conclu un accord tripartite en vertu duquel la tranche d’indexation de 2,5% sera reportée à l’année prochaine ou à l’année suivante. Dans le même temps, afin de soutenir le pouvoir d’achat des revenus les plus faibles, une réduction de l’impôt sur le revenu des personnes physiques est mise en œuvre pour les quatre tranches de revenus les plus basses."

 

"Une récession inévitable"

"Si la spirale prix-salaires persiste et que l’inflation dépasse 10%, une récession sera quasi inévitable en 2023", indique la fédération. 

"Il est grand temps que les décideurs politiques prennent conscience des conséquences de la crise de compétitivité qui nous frappe (...) Il faut donc entamer dès que possible une concertation tripartite afin de parvenir à une répartition équitable de l'impact de la crise entre les consommateurs, les entreprises et le gouvernement", estime Pieter Timmermans, CEO de la FEB, qui avance d'autres pistes à étudier, comme indexer les salaires uniquement en pour cent jusqu’à un certain niveau de rémunération (par ex. 2% jusqu’à un salaire de 3.500 EUR brut) et appliquer une indexation forfaitaire au-dessus de ce niveau (de 70 EUR par ex.) ou la suppression des accises spéciales sur l’électricité pour les entreprises ou réduire les coûts de transport d’Elia de 90%, "le maximum autorisé par l’Europe et déjà appliqué en Allemagne, aux Pays-Bas et en France."

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