01.06.22
16:31

Pourquoi Poutine ne plie pas face aux sanctions

 

Comment expliquer la résistance de la Russie aux sanctions européennes ?

Réunis en Sommet le 30 et 31 mai 2022, les dirigeants européens ont annoncé un sixième paquet de sanctions contre la Russie. Mais est-ce vraiment efficace ? Les cinq premiers paquets n'ont pas fait plier Poutine. Le conflit en Ukraine est toujours en cours et se concentre dans le Donbass. Et le boycott du pétrole russe, bien qu'historique, ne semble pas pouvoir changer la donne à court terme. Alors jusqu'où faudra-t-il aller ? Et surtout, jusqu'où l'Union Européenne peut-elle aller sans risquer de se fissurer ?

Dans ce décryptage, nous revenons sur l’origine du système de sanctions progressives mis en place par l’Union Européenne. Quels sont les objectifs d’un tel dispositif en cas de guerre et est-ce vraiment la solution face à un pays envahisseur ? Jusqu’à présent, la stratégie des dirigeants de l’Union Européenne a été de sanctionner l’économie russe, les oligarques (ces puissants hommes d’affaires russes) mais aussi indirectement les citoyens russes. Leur pouvoir d’achat est en lambeaux, les sanctions vont impacter durablement leur qualité de vie, pourtant la popularité du président Vladimir Poutine est en augmentation depuis le début de l’invasion.

A l’issue d’un sommet crucial, où le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est exprimé pour implorer les européens de rester soudés, les dirigeants ont franchi un pas inédit en déclarant un embargo progressif sur les importations de pétrole russe. Mais tout semble indiquer que ce ne sera pas suffisant.

Alors à quoi servent encore les sanctions contre la Russie ? L'efficacité des sanctions se mesure à l'objectif qu'on leur donne. Punir Vladimir Poutine à tout prix ne permettra peut-être pas de mener à la paix. Le constat est celui d’une complexité diplomatique qu’il ne faut pas négliger. Les experts le rappellent : peu importe l’issue de la guerre, demain, la Russie sera toujours le voisin de l’Europe. Et il faudra lui parler.

Décryptage de Brieuc Beckers.

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