09.02.21
09:44

"Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule"

Les fermetures de guichets de la SNCB vont être confirmées, malgré l’opposition du ministre de tutelle. Explications avec Martin Buxant.

Tous les regards sont tournés vers la SNCB ce mardi matin. Le dénouement d’une importante partie d’échecs se tient ce matin depuis 8h, heure à laquelle un conseil d’administration extraordinaire de la SNCB se réunit pour évoquer le dossier de la fermeture de 44 guichets dans les gares belges au cours de l’année. Un CA ajourné qui reprendra à 11h, apprend-on.

Ces guichets vont êtres fermés. Le Conseil d'administration de la SNCB, organe entièrement politisé mais où Ecolo ne dispose pas de siège, va soutenir la CEO de l’entreprise publique en confirmant la fermeture de ces guichets: 44 sur 135 au cours de l’année. Certains administrateurs voulaient même aller plus loin et fermer davantage de guichets pour les remplacer par des guichets électroniques sans présence humaine. C’est évidemment, ici, l’argument budgétaire qui est avancé pour expliquer ces fermetures. Avec celles-ci, la SNCB va passer à un taux de 16% de gares avec guichets. A titre de comparaison, en France, c’est 13%, mais en Allemagne et aux Pays Bas, c’est 6, voire 4%. Ca laisse de la marge. On est donc, comme le dit joliment la SNCB, dans un phénomène d’accélération des canaux de vente digitaux…

C’est donc un camouflet complet pour Georges Gilkinet, qui doit avaliser cette fermeture. On va être gentil, c’est un demi-camouflet. Parce qu’on va enrober ces fermetures de toute une série d’annonces visant à passer de la pommade au ministre, en indiquant que le maintien d’une présence humaine dans les gares est quand même important; que des collaborations sont à développer avec les communes; que l’accueil des voyageurs dans les gares et la garantie de l’accessibilité à tous les publics sont des choses importantes. Mais au final, ces guichets, ils vont fermer. Et Georges Gilkinet va apparemment devoir l’accepter ou démissionner. Car on se souvient tous de ce mot de Jean-Pierre Chevènement: "Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule."

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